L’Architecture de la Biphobie – Guide du lecteur

A propos du livre

L’Architecture de la Biphobie est un essaie à propos de la discrimination à laquelle font face les personnes bi et pan et les mécanismes qui la produisent. Il cherche à répondre à la question : qu’est ce qui explique structurellement la biphobie, et comment la différentier de l’homophobie ?

Le livre offre une lecture critique des théories bisexuelles majoritaires modernes, en particulier celles associées au travail de Shiri Eisner et Kenji Yoshino, tout en élaborant sur les bases de la contribution de Robyn Ochs. J’affirme que le cadre théorique dominant n’a pas correctement identifié les origines de la biphobie.

Le concept central de l’essai est que la biphobie n’émerge pas du sexisme, d’une pensée binaire ou d’un désire de catégories stables. Sa source principale est l’homophobie. Beaucoup de théories ont décrit avec succès les conséquences de la biphobie, mais ont échoué à expliquer d’où elle vient.

Le cadre théorique que je propose est basé sur l’analogie suivante : tout comme les bi-nationaux sont vulnérables quand leurs nations sont en guerre, les bisexuels occupent une position précaire dans une société structurée autour de l’hostilité envers l’homosexualité. Le conflit lui-même les placent dans une situation dangereuse et inconfortable. Sans ce conflit, ils auraient un rôle plus facile d’intermédiaire, de diplomate ou de communiquant entre leurs différentes appartenances.

Dans cette perspective, la biphobie émerge de l’homophobie. Pourtant, les deux ne doivent pas être confondus. Comme les binationaux qui développent leur propre vulnérabilité, les bisexuels vivent une oppression spécifique. Ils sont non seulement confrontés à l’exclusion et la pression à rester invisibles. Ils vivent également une forme d’isolement spécifique.

Structure du livre

Partie 1 – Où en est-on de la conceptualisation de la biphobie aujourd’hui ?
Une étude critique des théories dominantes sur la biphobie, incluant le travail de Shiri Eisner, Kenji Yoshino et Robyn Ochs, avec une revue des preuves scientifiques disponibles.

Partie 2 – Pour un nouveau cadre théorique de l’origine de la biphobie

Développement d’une nouvelle théorie sur la biphobie, incluant l’analogie des bi nationaux en temps de guerre comme outils de compréhension de la position des personnes bi et pan dans une société homophobe.

Partie 3 – La biphobie et la lesbophobie, deux oppressions distinctes

Une exploration de la différence entre biphobie et lesbophobie, et la manière dont les femmes bi et pan peuvent vivre les deux oppressions.

Partie 4 – Biphobie systémique

Manifestations structurelles de la biphobie, incluant le sabotage du militantisme bisexuel, ses conséquences pour l’autonomie politique bi à long terme et plusieurs cas d’étude de discrimination systémique.

Conclusion

Pourquoi les femmes bisexuelles meurent plus jeunes que les femmes hétéros et les lesbiennes ? La conclusion se penche sur les inégalités de santé documentés dans la recherche sur les populations bisexuelles.

Pourquoi j’ai écrit ce livre ?

Pendant plusieurs années, j’ai lu et popularisé la recherche sur la santé des bi. Une question revenait régulièrement : Pourquoi les bi avaient de plus mauvais résultats que les hétéro et les homo dans autant de domaine ?

A chaque fois que je présentais ces résultats scientifiques, les gens peinaient à les croire. Ces statistiques semblaient absurdes. Pourquoi des gens qu’on percevait comme hétéro étaient plus vulnérables ? Pourquoi des femmes qui n’avaient jamais eu de relation homosexuelles apparaissaient plus fréquemment dans les stats de depression, de suicide ou de mort prématuré que les lesbiennes ? Ma réponse a toujours été la même : c’est à cause de la biphobie. Mais cette réponse amenait toujours à d’autres questions : c’est quoi exactement la biphobie ? Comment ça marche ?

J’ai eu du mal à comprendre pourquoi ce phénomène était si dur à expliquer. Pour moi, les patterns que j’observais étaient surprenamment cohérents.

Je suis scientifique par ma formation et mon travail. Avant de travailler sur les questions de bisexualité et de biphobie, j’ai étudié l’ingénierie, la thermodynamique, la géochimie, l’économie et les sciences environnementales. J’avais à ma disposition de nombreux outils pour comprendre les systèmes complexes, depuis la dynamique des populations, à la modélisation statistique et à la pensée en système. Quand j’ai commencé à réfléchir à la biphobie, je l’ai naturellement regardé par le même prisme. Plutôt que de me focaliser sur les actions individuelles, j’ai commencé à m’intéresser à des structures et des interactions plus larges qui pourraient expliquer les patterns répétitifs présents dans la vie des personnes bi et pan.

Cette intuition est devenue un point de départ pour ce livre.

J’ai rempli des cahiers de diagrammes, j’ai construit des models, testé des analogies, exploré différentes possibilités. J’ai traité la biphobie comme j’aurais traité un problème de physique ou d’écologie: j’avais une intuition, j’ai proposé des hypothèses, cherché des mécanismes qui les expliqueraient, et les ai confronté à des vrai cas de la vraie vie. Ce livre est le fruit de cette enquête.

Pour qui est ce livre ?

Ce livre est pour :

  • Les personnes bi et pan qui souhaitent mieux comprendre leur expérience,
  • Les chercheurs interessés par les thématiques bisexuelles
  • Les militants qui travaillent pour une meilleure visibilité bi et l’organisation d’une communauté bi pan
  • Les législateurs et professionnels de la santé qui veulent mieux comprendre la population bisexuelle
  • Les personnes LGBTQIA+ qui souhaitent construire des alliances avec la communauté bisexuelle.

Aucune connaissance en science sociale ou sur la bisexualité ne sont nécessaires pour comprendre ce livre. J’ai écrit cet essai pour qu’il soit lisible par toute personne qui souhaite comprendre la biphobie. Vous pouvez commander une copie physique en ligne ou dans n’importe quelle librairie ou télécharger gratuitement l’Architecture de la Biphobie.

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