Pour les hommes bisexuels

Ce texte a été publié sur Patreon en avant première le 3 août 2026

à Patrice, Sergei*, Resat, Shahanur, Floris, Aurelio, Pierre et tous les autres


Patrick est un homme la quarantaine, Sud-Africain résidant en Grande Bretagne, comptable et bisexuel.

Il présente bien, parle doucement, et a souvent les sourcils froncés. Grande perche, fine et athlétique, qui porte souvent de petits shorts révélant de longues jambes rasées.

Je rencontrai Patrick à la conférence mondiale de la bisexualité 2026 à Amsterdam et appris très vite que quasiment personne dans son entourage ne savait qu’il était bi en dehors de son ex-femme. Il avait voyagé jusqu’ici en espérant être recruté comme militant bisexuel.

C’est ce que notre communauté queer a créé. C’est la trahison qui est la nôtre envers les hommes bisexuels, pour qu’une personne comme Patrick existe et décide d’aller dans un autre pays pour rencontrer des bi.

Je croyais donc que Patrick, ce serait ça. Le symbole de la trahison de la communauté queer. Le visage de millions d’hommes qui comme lui, vivaient dans un placard qui ne devrait plus exister, dans les pays parmi les plus riches de la planète. Dehors, les drapeaux LGBT étaient floqués sur toutes les façades, en l’honneur de la Pride Européenne. Dedans, Patrick murmurait qu’il n’était pas out.

Figure 1 – Le placard des bi aux USA en 2019, selon l’institut de recherche Pew

Dans un pays développé comme les USA, 26% des bi sont complètement dans le placard, contre 4% des gays et des lesbiennes (Pew Research 2019). Les hommes bi sont encore plus impactés, alors même qu’ils sont perçus comme gays et non hétéros, souvent au sein de la communauté gay elle-même. Alors si on les prend pour des gays refoulés, ayons au moins la décence de reconnaître qu’il existe un type de gay qui a six fois plus de chance de se cacher et que en tant que communauté queer, nous ne les avons jamais centrés dans notre militantisme.

Tout en même temps, je rencontrai Sergei*, le regard fuyant et les ongles rongés jusqu’au milieu de la matrice, exilé politique pour avoir été le coordinateur d’un collectif bisexuel à St Petersbourg. Sur le grand projecteur, les vidéos tournées en Russie tournaient, sous-titres en cyrillique. Le groupe de Sergei. Des jeunes russes sur des trottinettes, roulant à toute blinde sur la célèbre Nevski Prospekt, drapeau bi noué autour des épaules. C’était une des actions de sensibilisation qu’il avait montée. Nous étions invités à son atelier de créativité militante, pour imaginer nos propres petites campagnes de sensibilisation par cher et innovantes. A l’écran, suivait leur picnic bi, avec un gâteau bleu, violet, rose. C’était il y a dix ans. Sergei depuis était considéré comme terroriste dans son pays, et n’avait pas pu assister aux funérailles de son père. Pour des putains de trottinettes et des gâteaux fourrés au colorant violet, il risquait la prison. J’appris en off qu’il était depuis des années dans un couple d’apparence hétérosexuel. Je le dis pour les personnes qui parlent encore aujourd’hui de privilège hétéro chez les bi. Venez me dire que Sergei a été protégé par son couple. Venez le lui dire à lui, que son père est mort, et qu’il n’a même pas pu aller se recueillir sur sa tombe, mais qu’il est privilégié et pas vraiment queer. Venez me dire à moi que mon militantisme n’existe que parce que j’habite dans un pays où on se la coule douce, quand Sergei est venu de Georgie, à Amsterdam avec une bourse, pour encourager les bisexuels de tous les pays à militer avec des bouts de ficelle. Parce que même dans les pays riches, on n’a pas un putain de centime pour militer pour les bi. Entre 1970 et 2010, aux USA, moins de 0,02% des fonds alloués au militantisme LGBT ont financé des projets centrés sur la population bi (Bowen et al., 2012).

Et puis il y a eu cet avocat au costume élégant, marié, père de famille et exilé politique. Il était venu nous parler de la persécution de bisexuels au Bengladesh, son pays d’origine. Je découvrais avec stupeur que les années précédentes, des coups de filet avait mené à l’arrestation d’hommes bisexuels en particulier, qui s’étaient retrouvés vraisemblablement grâce à un groupe Whatsapp. Je demandais s’il s’agissait de personnes mariées, fréquentant le milieu queer. L’avocat, un sourire triste me reprenait. Les gays aussi étaient des hommes mariés. Ce n’était donc pas la spécificité de ce groupe. Il s’agissait, mariés ou non, de bisexuels. Ses graphiques montraient des cas recensés d’arrestation de bi absolument pas anecdotique. Je n’osais même pas lui demander s’il était bi lui-même. Qu’il le soit ou pas, cet avocat des droits de l’homme ne peut plus aller dans son pays parce qu’il défend des clients gays, lesbiennes, bi et transgenres.

Je n’ai pas les mots pour décrire le choc que ça a été pour moi d’assister à cette conférence, où je soulignais moi-même dans mon intervention le besoin urgent de séparer les questions bi qui touchent majoritairement les hommes des femmes, précisant que les hommes bi étaient encore plus mal étudiés et représentés que les femmes bi. Ces informations, je les connaissais déjà. Mais j’avais maintenant devant moi les hommes qui payaient le prix le plus fort, dans l’indifférence générale, depuis le pays le plus répressif au plus progressiste.

Et je ne veux pas présenter cette compassion comme allant unilatéralement des femmes bi vers les hommes bi. Je l’ai aussi vue dans l’autre sens, quand les militants bi en apprenaient plus sur la situation des femmes bi. Resat, militant Chypriote, a par exemple clôturé la conférence en citant mon travail, appuyant sur sa surprise et sa tristesse de comprendre ce que vivaient les femmes bi et pan. En Chypre du nord, la dépénalisation de l’homosexualité date de 2014. Je ne peux pas dire que Resat soit un homme privilégié ému pour pas grand-chose. En France, pourtant, des influenceureuses queers que je ne citerai pas, tentent de comparer les hommes bi et les femmes bi pour minimiser notre militantisme et nous présenter encore une fois comme des femmes privilégiées. D’autres, nullement intéressé par le militantisme bi, harcèlent le FAB en exigeant d’elles de travailler gratuitement pour les hommes cis queers et de leur ouvrir leur collectif. Et pendant qu’on nous dit que nous ne sommes que des petites chouineuses en comparaison aux hommes bi, je n’ai pas vu un seul militant bi de terrain tenir cette posture. Pas un seul de ces hommes présents ne demandait que les femmes s’occupent d’eux, ni ne minimisaient leur vécu. Pas une seule des femmes présentes étaient indifférentes au sort des hommes bi et pan dans notre société. Même celles qui militaient depuis les années 80 et expliquaient que les femmes et les hommes bi avaient eu besoin à un moment de se séparer dans leur militantisme.

Au niveau international, les militant∙es bi et pan travaillent ensemble, qu’ils soient bi du spectre gay, lesbien ou les deux. Nous voyons et comprenons des vécus très contrastés. Cette vision en noir et blanc des hommes bi contre les femmes bi est une grossière stratégie de division que je n’ai vue tenue que par des gens qui n’ont jamais milité dans les associations et collectifs de terrain bi, et qui souvent, ont construit leur inclusion dans le milieu queer sur le rejet des femmes cis bi. Surtout quand iels sont bi elleux-même. (Je n’ai aucun intérêt personnel à les attaquer, quand je vois chez la plupart une profonde biphobie intériorisée. Même si je suis en colère contre les dégâts qu’iels font dans notre communauté.)

La conférence avançait donc. Les militants du monde entier partageaient leurs histoires, stratégies et interrogations. Dans notre dortoir commun, il y avait moi, Patrick, une jeune femme originaire de la Turquie et une personne non binaire Russe. Les Russes étaient quelques-uns à avoir fait le déplacement depuis leur pays d’exil respectif. Beaucoup avaient l’air profondément dépressifs et traumatisés. Notre collègue non binaire sursautait fréquemment. Iel avait un sommeil très agité entre-coupé de pauses pendant lesquels iel arrêtait de respirer. L’apnée du sommeil est une des nombreuses co-morbidité commune du PTSD. Nous en avions discuté quelque fois avec Patrick. Je l’encourageais à connecter avec d’autres hommes bi et avais noté sans y accorder beaucoup d’importance qu’il avait noté comme pronom « he/any » et « Patrice » au lieu de « Patrick » sur son badge de conférence. Patrice est un prénom masculin en français, je n’ai pas sur-analysé cette variante, l’attribuant à ma mauvaise mémoire. J’avais dû mal mémoriser son prénom. Ce n’est que plus tard que j’ai appris que Patrice est un prénom mixte en anglais.

Régulièrement, nous nous retrouvions à assister aux mêmes conférences, ou à discuter entre les sessions. Puis il y a eu ce groupe de discussion sur la transidentité et son accueil dans les milieux bi+. Rhonda, une autrichienne aux longs cheveux violets et à la voix douce et discrète faisait passer un microphone. Nous étions moins de dix. Nos chaises en rond. Aucun d’entre nous n’a vraiment remis en question l’utilisation de ce micro qui faisait résonner nos voix dans tout le hall alors que nous tenions dans 5m². Dans une espèce de déni, nous déballions nos vies, presque sans réaliser que tout le monde nous entendait. Je crois qu’on s’en carrait le cul, tant nous, que le reste des gens dans le bâtiment.

Je ne venais pas en tant que personne trans. Je venais en tant qu’organisatrice de milieu bi. Je le précisai dès le début. Je ne me présente quasiment jamais comme trans. Les échanges cependant devinrent rapidement intimes. Au lieu de parler de stratégie militante, nous nous sommes mis à raconter notre vie. Il y avait ce mec non binaire qui était frustré de ne pas avoir de passing malgré une année complète de testostérone. Cette personne non binaire qui partageait l’euphorie de genre d’avoir imaginé son visage être celui d’un homme. Une vieille meuf trans Berlinoise à la voix trainante relatait avec moultes détails l’évolution de la scène BDSM Berlinoise face aux usagères trans. Dans ce groupe de parole improvisé où on parlait de tout sauf du sujet principal, Patrice révélait s’identifier comme non-binaire depuis un peu plus d’un an. Là encore, personne n’était au courant dans son entourage. Je pris mon courage à deux mains et racontais en quelques mots que je voulais transitionner depuis des années, avais lancé les procédures pour une transition hormonale à plusieurs reprises, mais que mes graves problèmes de santé m’en empêchaient. Je voulais être un homme, pas une personne non binaire, mais j’avais renoncé. J’éclatais en larme quand je racontais cette unique fois où je m’étais sentie vue par une ancienne partenaire. Patrice écoutait. Iel ne disait rien.

Quand nous sommes rentrées ce soir là dans notre chambre d’hôtel, elle me dit avoir toujours voulu être une femme, mais ne se sentir capable ni d’avoir un passing ambigu, ni de subir l’humiliation d’une transition dans sa ville. Nous marchions désormais côte à côte, bousculées par les vélos tout puissants d’Amsterdam. Et je réalisais. Patrice n’était pas un homme bi dans le placard. C’était une femme trans bisexuelle qui comme moi, avait renoncé à sa transition.

Dans la pénombre ce soir-là, j’ai vu qu’elle dormait dans des sous-vêtements de femme. Comment j’avais pu rater ça ? Comment j’avais pu rater que Patrice était comme nous ? Dans mon petit lit aux draps bien repassés, je rationalisais. Ça fait sens que ça lui fasse du bien les sous-vêtements de l’autre genre. C’est contre la peau. Personne ne le voit. Patrice est triste. Patrice est seule. Patrice fait ce qu’elle peut. Patrice, Patrice, Patrice. Flo… ça fait des années que tu fais la même chose.

Il y a dix ans, quand tu as quitté l’Eglise mormone, s’est posé la question des sous-vêtements.

Les mormons portent 24h/24 le « garment », un sous-vêtement rituel. Un short blanc collé à la peau, jusqu’au genoux et un tee-shirt fin et souvent transparent. Les signes sacrés des alliances du temple sont brodés sur le genou, sur le sein gauche et droite et sur le ventre. Il y avait un débat sur la place du soutien-gorge. Je faisais partie du courant plus conservateur qui le portait au-dessus du « garment » et pas en dessous. Les filles de mon âge détestaient avoir à porter les vêtements rituels. Ils n’étaient pas sexy. Nos dessous limitaient déjà la longueur de nos jupes, la taille des décolletés, nous interdisant autant le crop top que les débardeurs à bretelle. Que nos jupes soient longues et nos tee-shirts couvrants n’était pas un problème. Mais elles, elles voulaient porter de la lingerie, de la dentelle, des strings pour leur mari. On débattait parfois pour savoir si c’était autorisé de se changer avant d’avoir un rapport sexuel pour mettre des vêtements plus séduisants. Le consensus c’était qu’on pouvait et même que c’était une bonne chose. Cela faisait partie de notre rôle au sein du couple d’être « appétissantes ».

Après mon accouchement, ma mère m’avait acheté une parure lavande en dentelle et coton. Une soutien-gorge adapté à l’allaitement, et le bas qui allait avec. Elle-même possédait une quantité faramineuse de ces parures coordonnées. Comme mes amies mormones, de nombreuses femmes mormones prennent le temps de se changer certains soirs où elles envisagent de séduire leur époux. C’était un genre de cadeau de mère à fille, qui prenait en compte mon mariage dans ma maternité. Je ne l’ai jamais porté.  Je crois qu’au fond de moi, j’imaginais que j’étais plus mature que les autres filles. Plus spirituelle. Moins attachée à ces détails matériels de séduction. On avait une sexualité spontanée avec mon mari qui ne s’organisait pas, qui ne tenait pas à la ficelle d’un string, ou à la broderie charnelle de parures chères et érotisantes. On baisait d’ailleurs probablement plus que pas mal de celles qui avaient une collection complète chez Victoria Secret. Même si je commençais déjà à péter un plomb régulièrement quand j’étais pénétrée, associant le fait qu’on rentre dans mon corps à l’humiliation d’être une femme.

Le garment ne me posait pas problème. Je ne comprenais pas la moue de mes amies qui disaient que c’était un tue-l’amour. Étrangement, j’avais toujours été indifférente, même assez satisfaite de porter l’exact même sous-vêtement que les hommes. La seule différence entre les leurs et les nôtres, c’était la poche cousue devant leur short, pour épouser plus facilement leur anatomie. J’avais porté le garment de mon mari une fois, quand je n’en avais plus de propre. Ce jour-là, ça devait être le week end. Je suis restée dans ma chambre dans son short et tee-shirt sacré, sans rien d’autre, ravie.

Je ne possédais qu’une culotte normale, que je mettais quand je devais aller chez le médecin et anticipais qu’on me demande de me déshabiller. A 29 ans, j’étais en train de sortir du mouvement, furieuse de la énième mise à jour doctrinale homophobe. Au bout d’un moment, ça n’avait plus de sens de porter quotidiennement un symbole de mon appartenance au mormonisme. Cesser de porter ces vêtements, c’était signifier à Dieu que je rompais cette alliance. Pas ma foi en lui. Mais ma foi au mormonisme. Cela signifiait tout autant devoir très prosaïquement acheter des sous-vêtements. Ne pouvant pas compter sur mon unique « culotte du docteur ».

Rapidement, il devint clair que je détestais les culottes. Me voir dans le miroir avec tous les matins me déplaisait au plus haut point. Je n’avais plus l’habitude. La sensation du tissu serré sur mon sexe me semblait enfermante et pas respectueuse. C’était le mot qui me venait : ça ne respectait pas mon corps. La sensation du jean qui frottait ma demie-fesse désormais nue m’horripilait comme un rappel d’une main au fesse imposée. Sans attendre j’avais acheté des boxers au rayon homme. Personne ne m’a interrogée à ce propos. Pas mon mari. Pas les médecins. Pas moi. Dans le miroir, le matin, je prenais parfois la pose. Putain qu’est-ce que c’était beau mon corps dans ces fringues-la.

Et soudain, ça me sautait à la gorge. Le débardeur à dentelle de Patrice, ses brassières sous ses tee-shirts, c’était vu comme bien plus suspicieusement queer que mes boxers Calvin Klein. Mais il n’en demeurait pas moins que j’étais moi aussi allée dans la même direction sans le conscientiser. Moi aussi j’avais laissé un morceau de tissu apaiser ma chair et toucher ma peau sans la bruler.

Nous sommes souvent trans bien avant de nous identifier comme tel. Patrice elle-même m’expliquait plus tard avoir désiré ne pas être un garçon à l’âge de 5 ans. Et avoir eu son premier rapport sexuel avec d’autres adolescents de son âge à 14 ans. Elle n’était pas une personne qui se découvrait sur le tard. Elle était le fruit de l’isolement des bi.

Nous avions quasiment la même temporalité. Je me pavanais avec mon « pyjama de monsieur » et jurai que quand je serai grand, je serai un papa en maternelle. Je commençais à prier pour guérir mon homosexualité à 13 ans. La pitié que j’avais pour Patrice je me l’étais pas donnée à moi. Je me suis sentie incroyablement stupide de l’avoir laissée être le modèle d’une chose à sauver jusqu’à ce que je réalise que je ne m’étais pas sauvée moi-même.

L’orientation sexuelle la plus présente chez les personnes trans, c’est l’orientation bi pan (Reisner et al., 2023). On ne peut pas soutenir les droits trans et ne pas comprendre l’enjeux d’une communauté bi visible et prise au sérieux. On ne peut pas soutenir les femmes bi, et ignorer que certaines sont trans et subissent des problématiques propres aux hommes bi, avant leur transition. On ne peut pas non plus soutenir les hommes bi, sans prendre en compte ceux qui seront d’abord perçus, traités et maltraités comme des femmes bi avant leur transition.

Je suis rentrée de la conférence complètement saturée. Les épiphanies y avaient le goût de tartes dans la gueule. Chacune des réalisations consistait à comprendre que tout était pire que ce que je croyais. Ce que je savais sur moi. Sur les bi. Sur le militantisme bi et son retard. Tout était pire.

C’est ce que j’ai retenu de cette conférence. Et c’est avec ça que je reviens : un amour immense pour les hommes bi et pan. Et la nécessité de faciliter autant que possible leur organisation. Pour le bénéfice des futures femmes trans et des futurs hommes trans. Pour le bien de notre humanité. Et pour les garçons bi pan qui méritent de grandir en sachant qui ils sont, et à quel point ils sont précieux.

Sources :

https://www.pewresearch.org/short-reads/2019/06/18/bisexual-adults-are-far-less-likely-than-gay-men-and-lesbians-to-be-out-to-the-people-in-their-lives/

Bowen et al., 2012. 40 years of LGBTQ philanthropy. 1970-2010. https://lgbtfunders.org/wp-content/uploads/2018/04/40years_lgbtqphilanthrophy.pdf (consulté le 28/12/2024) 

Reisner, S. L., Choi, S. K., Herman, J. L., Bockting, W., Krueger, E. A., & Meyer, I. H. (2023). Sexual orientation in transgender adults in the United States. BMC Public Health, 23(1), 1799.

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