Explorer sa bisexualité est une étape normale et saine de la vie des meufs bi

Ce texte a été initialement publié sur instagram (@floralie.resa), le 5 janvier 2023. Dans un effort d’archivage face à la montée des politiques oppressives de META, j’archive certains de mes postes ici.

Il y a des gens sur qui les relations « tombent » comme par magie. Un jour ils se découvrent bi en rencontrant une personne qui bouleverse leur vision de leur orientation et avec qui ils vivent une torride et intense histoire d’amour. Mais on va pas se mentir, pour beaucoup de monde, on a beaucoup de crushs et beaucoup de questions avant de sortir de l’hétérosexualité obligatoire et les relations lesbiennes nous tombent rarement sur la gueule par hazard.
Parfois les milliers de crushs sont refoulés, rationalisés. Salut la Flo en 6e qui faisait des
déclarations en mode « je te trouve très belle, mais c’est esthétique, hein, hihi, best friend ? » Elle avait des yeux de chat incroyables vert amande et un visage tout rond…

Parfois on se plait mortellement mais personne ne fera le premier pas, surtout quand on est cataloguée hétéro. Parfois juste… ça arrive pas. Et un jour on décide de chercher les meufs qui aiment les meufs pour trouver sa moitié. Alors qu’on doute tellement fort de nous. Toute la société nous l’a hurlé : on est juste des hétéros en mal d’attention.

Alors, aux bi qui sautent dans le vide et décident d’éprouver leur lesbianisme, bravo. Je trouve ça particulièrement pénible que cette partie si délicate de notre vie soit régulièrement moquée et rabaissée. Que les bi n’aient pas le droit d’explorer sous peine d’être taxées d’indécises, de prédatrices, de briseuses de cœurs. Et Camille de 3eB, elle était prête à faire sa vie et se marier quand elle a roulé sa première pelle ? Et la relation de 2 semaines l’été de ses 17 ans, elle était conséquente et réfléchie ? Et le plan Q tinder post rupture, il était mature ?

La première fois d’une bi est pas nécessairement nulle. Mais si elle l’est, y a beaucoup d’autres choses à incriminer que sa bisexualité… Alors je vous le dis et je vous envoie toutes les bonnes ondes du monde : Tu as le droit de ne pas être sûre. Tu as le droit d’essayer quand même de donner une chance à cette partie de toi. Tu as le droit de tomber amoureuse. Tu as le droit de n’avoir que du sexe. Tu as le droit de te planter. Tu as le droit d’être sur une appli de rencontre. Tu as le droit d’avoir une première fois
sans avoir honte. Tu as le droit d’être fière de toi. Tu as le droit d’avoir quand même intériorisé ce tout ce que le monde dit de ton orientation, et je suis désolée qu’on t’humilie jusque dans tes premiers amours.

Tu as le droit de décider quand tu es prête à être out. Tu as le droit de décider quand tu es prête à t’impliquer plus. Tu as le droit, le fucking droit, d’être comme tout le monde lors d’une première relation : maladroite, indécise, impulsive, ignorante, sincère, terrifiée, curieuse, expérimentale, sexy, sure de toi, renseignée, pleine d’hormones, fascinante, bienveillante, amoureuse, réfléchie. Tu as le droit d’être triste quand tu te plantes, et heureuse quand tout va bien dans le meilleur des mondes.

Laissez les meufs bi explorer.

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